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Ressources humaines 18 min de lecture21 mai 2026

Congés de circonstances en RDC : ce que dit le Code du travail et ce qu'ajoute la convention collective

Mariage, naissance, décès, hospitalisation… Le droit congolais accorde au travailleur des jours d'absence rémunérée pour traverser les moments importants de sa vie familiale. Mais combien de jours exactement ? Qui paie ? Que dit la convention collective en plus du Code du travail ? Voici l'état complet du droit.

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Igor Kilonda
Juriste, spécialiste en droit social congolais

Introduction

Un travailleur perd son père un lundi matin. Un autre marie sa fille un vendredi. Une troisième accouche en dehors du congé de maternité prévu. Dans chacun de ces cas, la loi congolaise reconnaît au travailleur le droit de s'absenter de son poste, pour un nombre de jours déterminé, sans perdre sa rémunération. Ce sont les congés de circonstances, aussi appelés congés exceptionnels ou congés pour événements familiaux.

Pourtant, ce droit reste mal connu des deux parties à la relation de travail : les employeurs ignorent souvent les conditions dans lesquelles ils peuvent demander des justificatifs, et les travailleurs ne savent pas toujours qu'ils peuvent cumuler ces jours avec leur congé annuel ou qu'ils ont droit à un minimum de rémunération même au-delà du plafond légal dans certaines branches.

Cet article présente de manière exhaustive le régime des congés de circonstances en droit congolais du travail : sa base légale, les événements couverts, les durées accordées, les règles de rémunération et de fractionnement, le plafond annuel, et l'articulation entre le Code du travail et la Convention collective interprofessionnelle nationale.

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I. Fondement légal et nature juridique

**1.1 L'Article 146 du Code du Travail : le socle **

Les congés de circonstances trouvent leur fondement dans l'Article 146 de la Loi n°015/2002 du 16 octobre 2002 portant Code du Travail, tel que modifié et complété par la Loi n°016/010 du 15 juillet 2016.

Cet article définit les congés de circonstances comme des absences autorisées et rémunérées accordées au travailleur à l'occasion d'événements heureux ou malheureux survenant dans sa vie familiale ou personnelle. Il en fixe la liste minimale, la durée par événement et les conditions générales d'octroi.

La Loi n°016/010 de 2016 a apporté des modifications importantes à ce régime, notamment en clarifiant la notion de parenté prise en compte et en renforçant certaines garanties procédurales.

**1.2 Nature juridique : absence autorisée, non déductible du congé annuel **

Les congés de circonstances ne sont pas des congés payés au sens strict du terme. Ils constituent une catégorie autonome d'absence protégée, distincte :

  • Du congé annuel payé (calculé sur l'ancienneté, art. 143 et suivants du Code du Travail) ;

  • Du congé de maternité (art. 130 du Code du Travail) ;

  • Des congés de maladie et périodes de suspension pour incapacité.


  • Cette autonomie a une conséquence pratique fondamentale : les congés de circonstances ne sont pas déductibles du congé annuel légal. Si un travailleur bénéficie de 4 jours pour le décès de son conjoint, ces 4 jours ne viennent pas amputer ses jours de congé annuel acquis.

    **1.3 Articulation avec le congé annuel **

    Si un événement ouvrant droit à un congé de circonstances survient pendant l'exécution du congé annuel, les jours de circonstances viennent s'ajouter au congé annuel en cours. Autrement dit, ils ne se confondent pas avec les jours déjà pris : le retour au travail est repoussé d'autant.

    Ce principe protège le travailleur contre une double imputation qui reviendrait à lui ôter à la fois son congé annuel et son droit à l'absence pour événement familial.

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    II. Événements couverts et durées légales

    **2.1 Le tableau des congés de circonstances selon le Code du Travail **

    L'Article 146 du Code du Travail établit la liste suivante d'événements ouvrant droit à des congés de circonstances :

    | Événement | Durée légale (jours ouvrables) |
    |---|---|
    | Mariage du travailleur lui-même | 2 jours |
    | Accouchement de l'épouse du travailleur | 2 jours |
    | Décès du conjoint (époux ou épouse) | 4 jours |
    | Décès d'un parent du 1er degré en ligne directe (père, mère, enfant) | 4 jours |
    | Décès d'un parent du 2e degré (frère, sœur, grand-parent, petit-enfant) | 2 jours |
    | Décès d'un allié du 1er degré (beau-père, belle-mère) | 2 jours |
    | Mariage d'un enfant du travailleur | 1 jour |

    Précision importante : L'Article 146 vise l'accouchement de l'épouse et non la grossesse en tant que telle. Le congé est accordé au travailleur-père à la naissance effective de l'enfant — ce que l'on appelle dans d'autres systèmes juridiques le congé de paternité légal.


    **2.2 La notion de degré de parenté en droit congolais **

    La compréhension du tableau ci-dessus exige de maîtriser la computation des degrés de parenté telle qu'elle est appliquée en droit congolais, qui suit la règle classique du droit civil :

    Ligne directe (ascendants et descendants) :
  • 1er degré : père et mère / fils et fille

  • 2e degré : grands-parents / petits-enfants


  • Ligne collatérale :
  • 2e degré : frères et sœurs (issus des mêmes parents)

  • 3e degré : oncles et tantes / neveux et nièces

  • 4e degré : cousins germains


  • Parenté par alliance (affinité) :
  • 1er degré : beau-père, belle-mère (parents du conjoint)

  • 2e degré : beaux-frères, belles-sœurs (frères et sœurs du conjoint)


  • Cette grille permet de déterminer si un événement (décès notamment) ouvre droit à 4 jours, à 2 jours ou à aucun congé légal.

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    III. Le plafond annuel de 15 jours ouvrables

    **3.1 Principe du plafond **

    L'Article 146 du Code du Travail fixe un plafond global de 15 jours ouvrables par an, tous événements familiaux confondus, pour lesquels l'employeur est tenu de maintenir la rémunération habituelle du travailleur.

    Ce plafond :

  • S'évalue sur l'année civile (du 1er janvier au 31 décembre) ;

  • Couvre l'ensemble des événements survenus au cours de cette période ;

  • S'applique même si le travailleur a changé d'employeur en cours d'année.


  • **3.2 Que se passe-t-il au-delà de 15 jours ? **

    Lorsque le cumul des congés de circonstances d'un travailleur dépasse 15 jours ouvrables dans une même année civile, deux situations se distinguent :

  • L'obligation légale de l'employeur cesse pour la partie excédant 15 jours : l'employeur n'est plus tenu de rémunérer ces jours supplémentaires au titre de l'Article 146.


  • Le droit à l'absence subsiste : le travailleur conserve le droit de s'absenter pour les événements survenus, mais cette absence peut être non rémunérée, sauf disposition plus favorable dans une convention collective ou le règlement intérieur de l'entreprise.


  • En pratique, les entreprises qui ont adopté des politiques RH généreuses maintiennent souvent la rémunération bien au-delà du plafond légal, ce qui est juridiquement possible mais non obligatoire.

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    IV. Rémunération pendant les congés de circonstances

    **4.1 La rémunération habituelle intégrale **

    Pendant toute la durée des congés de circonstances (dans la limite des 15 jours annuels remboursables), le travailleur perçoit l'intégralité de sa rémunération habituelle, exactement comme s'il avait effectivement travaillé.

    Cette rémunération habituelle comprend :

  • Le salaire de base ;

  • Les primes constantes qui font partie de la rémunération normale (prime de rendement, prime de responsabilité, etc.) ;

  • Les avantages en nature (logement, véhicule, alimentation) maintenus pendant l'absence.


  • Ne sont en revanche pas nécessairement inclus les éléments variables liés à la présence effective (primes de présence, heures supplémentaires, commissions sur ventes réalisées).

    **4.2 Prise en charge exclusive par l'employeur **

    Les congés de circonstances sont intégralement à la charge de l'employeur. Contrairement à certains régimes de sécurité sociale qui remboursent les indemnités journalières en cas de maladie, la CNSS n'intervient pas dans le financement des congés de circonstances. Il s'agit d'une obligation pure de l'employeur, fondée directement sur le Code du Travail.

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    V. La règle du non-fractionnement

    L'une des règles les moins connues mais les plus importantes est celle du non-fractionnement des congés de circonstances : ces jours ne peuvent pas être divisés ou échelonnés.

    Cela signifie que :

  • Le congé de 4 jours accordé pour le décès d'un parent doit être pris en bloc, à partir de la survenance de l'événement ;

  • L'employeur ne peut pas imposer au travailleur de n'en prendre que 2 jours maintenant et 2 jours plus tard ;

  • Le travailleur ne peut pas non plus reporter les jours non pris pour les cumuler avec un congé ultérieur.


  • La logique est simple : ces congés sont accordés pour permettre au travailleur de faire face à un événement précis, immédiat. Leur utilité disparaît si on les étale dans le temps.

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    VI. La Convention collective interprofessionnelle nationale : un régime enrichi

    **6.1 La Convention collective du 20 janvier 2006 **

    La Convention collective interprofessionnelle nationale du travail du 20 janvier 2006 (CCIN) est le texte de référence négocié entre les organisations patronales et syndicales représentatives au niveau national. Elle s'applique, sauf dérogations plus favorables, à l'ensemble des entreprises et travailleurs du secteur privé congolais.

    En matière de congés de circonstances, la CCIN joue un rôle fondamental : elle ne se contente pas de reproduire les dispositions légales minimales, mais les enrichit sur plusieurs points.

    **6.2 Les apports de la Convention collective **

    a) Extension de la liste des événements

    La CCIN peut reconnaître des événements non couverts par l'Article 146 du Code du Travail, notamment :

  • La communion solennelle ou cérémonie religieuse de première importance d'un enfant ;

  • L'hospitalisation du conjoint ou d'un enfant à charge pour une durée significative ;

  • La retraite du travailleur (certaines conventions sectorielles prévoient 1 à 2 jours pour organiser le départ) ;

  • Le déménagement imposé par l'employeur ou justifié par des raisons professionnelles.


  • b) Augmentation des durées par événement

    Lorsque la convention collective prévoit des durées supérieures à celles du Code du Travail pour un même événement, c'est la durée la plus avantageuse pour le travailleur qui s'applique. Exemple : si la CCIN accorde 3 jours pour le mariage du travailleur (contre 2 dans la loi), le travailleur a droit à 3 jours.

    c) Relèvement du plafond annuel

    Une convention collective ou un accord d'entreprise peut relever le plafond de 15 jours ouvrables au-delà duquel l'employeur n'est plus légalement tenu de rémunérer les absences. Ce relèvement doit être expressément mentionné dans le texte conventionnel.

    d) Procédures et formalités

    La CCIN précise généralement :
  • Les délais de prévenance : le travailleur doit prévenir son employeur aussi tôt que possible, et en tout état de cause dans les 24 à 48 heures suivant la survenance de l'événement ;

  • Les justificatifs exigibles : acte de naissance, certificat de décès, acte de mariage — selon l'événement ;

  • Les modalités de justification a posteriori lorsque l'urgence ne permettait pas de prévenir à l'avance.


  • **6.3 La hiérarchie des normes : le principe de faveur **

    En droit du travail congolais, comme dans la plupart des systèmes de droit social, s'applique le principe de faveur : lorsque plusieurs normes coexistent (loi, convention collective, accord d'entreprise, contrat individuel), c'est toujours la disposition la plus favorable au travailleur qui prévaut.

    Ce principe a des conséquences pratiques :
  • Un employeur ne peut pas invoquer le Code du Travail pour réduire les droits accordés par la CCIN ;

  • Un accord d'entreprise peut améliorer les dispositions de la CCIN, mais ne peut pas les dégrader ;

  • Le contrat individuel de travail peut octroyer davantage que la CCIN, mais jamais moins.


  • Exemple concret : Si la CCIN accorde 3 jours pour le décès d'un frère ou d'une sœur (2e degré), et que le Code du Travail n'en prévoit que 2, le travailleur a droit à 3 jours — c'est la CCIN qui s'applique.


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    VII. Conventions sectorielles et accords d'entreprise

    Au-delà de la CCIN nationale, certains secteurs économiques ont négocié des conventions collectives sectorielles qui précisent ou améliorent encore les dispositions interprofessionnelles. Les secteurs bancaire, minier, pétrolier et des télécommunications sont parmi les plus avancés en la matière.

    Des accords d'entreprise peuvent également définir un régime propre à l'entreprise, souvent plus généreux que la norme sectorielle, en particulier dans les grandes entreprises disposant d'un département RH structuré.

    La hiérarchie s'établit ainsi :

    ```
    Code du Travail (minimum légal impératif)

    Convention Collective Interprofessionnelle Nationale (20 jan. 2006)

    Convention collective sectorielle (si elle existe dans le secteur)

    Accord d'entreprise

    Contrat individuel de travail
    ```

    À chaque niveau, la norme supérieure fixe un plancher en-dessous duquel la norme inférieure ne peut descendre. Elle peut seulement améliorer les droits.

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    VIII. Procédure pratique : obligations du travailleur et de l'employeur

    **8.1 Obligations du travailleur **

    Pour bénéficier d'un congé de circonstances, le travailleur doit :

  • Informer son employeur dès que possible de la survenance de l'événement — idéalement avant l'absence ou, si l'urgence l'impose (décès soudain), dans les 24 à 48 heures suivantes ;


  • Produire les justificatifs dans un délai raisonnable après son retour :

  • - Mariage : copie de l'acte de mariage civil ou certificat délivré par l'officier d'état civil ;
    - Naissance : acte de naissance de l'enfant ou certificat de naissance délivré par la maternité ;
    - Décès : certificat de décès et, si nécessaire, document établissant le lien de parenté avec le défunt (acte de naissance, livret de famille).

  • Ne pas abuser du dispositif : les fausses déclarations ou la production de documents falsifiés constituent une faute grave susceptible de justifier un licenciement pour faute lourde.


  • **8.2 Obligations de l'employeur **

    L'employeur est tenu de :

  • Accorder les congés de plein droit dès lors que l'événement est établi — il ne dispose d'aucun pouvoir d'appréciation sur l'opportunité d'accorder ces jours ;


  • Maintenir la rémunération habituelle pendant les jours accordés, dans la limite du plafond de 15 jours ouvrables par année civile ;


  • Ne pas déduire ces jours du congé annuel du travailleur ;


  • Autoriser l'absence même sans justificatif immédiat, à charge pour le travailleur de produire les pièces requises à son retour ;


  • Ne pas imposer de fractionnement : le congé doit être accordé en bloc, à partir de la date de l'événement.


  • **8.3 Gestion administrative **

    Sur le plan de la paie et des ressources humaines, les congés de circonstances doivent être :
  • Traités comme des jours travaillés pour le calcul du salaire mensuel ;

  • Enregistrés dans un registre ou système de suivi distinct du congé annuel ;

  • Tracés avec les justificatifs correspondants, conservés dans le dossier du travailleur.


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    IX. Tableau comparatif : Code du Travail vs. Convention Collective

    | Événement | Code du Travail (art. 146) | CCIN (apports possibles) |
    |---|---|---|
    | Mariage du travailleur | 2 jours | 3 jours dans certaines conventions |
    | Naissance/accouchement de l'épouse | 2 jours | 3 jours dans certaines conventions |
    | Décès du conjoint | 4 jours | Maintenu ou augmenté |
    | Décès parent 1er degré (père, mère, enfant) | 4 jours | Maintenu ou augmenté |
    | Décès parent 2e degré (frère, sœur, grands-parents) | 2 jours | 3 jours dans certaines conventions |
    | Décès allié 1er degré (beau-père, belle-mère) | 2 jours | Maintenu ou augmenté |
    | Mariage d'un enfant | 1 jour | 2 jours dans certaines conventions |
    | Hospitalisation du conjoint/enfant | Non prévu | Prévu dans certaines CCIN sectorielles |
    | Communion/cérémonie religieuse d'un enfant | Non prévu | 1 jour dans certaines conventions |
    | Déménagement professionnel | Non prévu | 1 jour dans certaines conventions |
    | Plafond annuel rémunéré | 15 jours ouvrables | Peut être relevé |

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    X. Sanctions en cas de non-respect

    **10.1 Pour l'employeur **

    Le refus d'accorder les congés de circonstances ou le non-maintien de la rémunération constituent des infractions au Code du Travail susceptibles d'engager la responsabilité de l'employeur sur plusieurs plans :

    Responsabilité civile : le travailleur lésé peut saisir le Tribunal du Travail pour obtenir le paiement des jours refusés, majoré de dommages-intérêts pour préjudice moral.

    Responsabilité pénale : en application des dispositions générales sur les infractions aux dispositions du Code du Travail, l'employeur contrevenant s'expose à des sanctions pénales (amende).

    Risque de requalification : le refus répété d'accorder des droits légaux peut, dans certaines circonstances, être qualifié d'acte équipollent à la rupture du contrat de travail (art. 61 ter du Code du Travail), ouvrant la voie à des dommages-intérêts pour licenciement abusif.

    **10.2 Pour le travailleur **

    À l'inverse, le travailleur qui abuse des congés de circonstances en produisant de faux justificatifs ou en invoquant des événements inexistants commet une faute grave, voire une faute lourde au sens de l'Article 72 du Code du Travail, susceptible de justifier son licenciement sans préavis ni indemnité.

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    XI. Questions pratiques fréquentes

    Q : Le travailleur peut-il prendre ses jours de circonstances plusieurs jours après l'événement ?

    Non, en principe. Les congés de circonstances sont liés à l'événement et doivent être pris à compter de sa date de survenance. Un travailleur qui apprendrait avec retard le décès d'un proche pourrait toutefois demander des jours à compter de la date d'apprentissage du décès — la bonne foi et la réalité de l'événement sont les critères déterminants.

    Q : Que se passe-t-il si l'événement survient un dimanche ou un jour férié ?

    Le congé de circonstances s'exprime en jours ouvrables. Si l'événement survient un dimanche, les jours courent à partir du premier jour ouvrable suivant. Les jours fériés légaux et les dimanches ne sont pas comptabilisés dans le décompte.

    Q : Le travailleur en période d'essai bénéficie-t-il des congés de circonstances ?

    Oui. Les congés de circonstances s'appliquent dès le premier jour de la relation de travail, y compris pendant la période d'essai. La période d'essai ne suspend pas les droits légaux fondamentaux du travailleur.

    Q : Un travailleur en CDD a-t-il droit aux congés de circonstances ?

    Oui. Les congés de circonstances s'appliquent à tous les travailleurs liés par un contrat de travail, qu'il soit à durée déterminée ou indéterminée, à temps plein ou à temps partiel.

    Q : Peut-on prévoir dans le règlement intérieur des conditions plus strictes que la loi ?

    Non. Le règlement intérieur ne peut pas être moins favorable que la loi ou la convention collective applicable. Toute clause du règlement intérieur qui réduirait les droits issus de l'Article 146 du Code du Travail serait nulle de plein droit.

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    XII. Bonnes pratiques pour les employeurs

    Intégrer les congés de circonstances dans le règlement intérieur : même si la loi prévoit le minimum, le formaliser dans le règlement intérieur clarifie les procédures (délai de prévenance, liste des justificatifs acceptés) et réduit les litiges.

    Mettre en place un registre de suivi : tenir un registre par travailleur mentionnant les événements, les dates, les durées et les pièces justificatives permet de vérifier le respect du plafond de 15 jours et de produire des preuves en cas de litige.

    Former les managers de proximité : les refus illégaux de congés de circonstances émanent souvent de chefs d'équipe qui ignorent la loi, non de la direction. Une sensibilisation régulière des encadrants évite des contentieux inutiles.

    Vérifier la convention collective applicable : avant de se limiter aux seules dispositions du Code du Travail, s'assurer que la CCIN ou la convention sectorielle n'accorde pas des droits supérieurs. Appliquer le régime le moins favorable expose l'employeur à des redressements.

    Traiter avec bienveillance les cas non prévus : le droit du travail est un droit vivant. Des situations non listées dans la loi (décès d'un cousin proche, hospitalisation grave d'un parent) méritent une réponse humaine, même si elle n'est pas juridiquement obligatoire. La confiance et la fidélité des équipes en dépendent souvent.

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    XIII. Conclusion

    Les congés de circonstances constituent un droit fondamental du travailleur congolais, ancré dans l'Article 146 du Code du Travail et renforcé par la Convention collective interprofessionnelle nationale du 20 janvier 2006. Ils reflètent la reconnaissance, par le législateur et les partenaires sociaux, de la dimension humaine de la relation de travail : le salarié n'est pas seulement une force productive, c'est aussi un membre d'une famille et d'une communauté, dont la vie est jalonnée d'événements qui méritent d'être vécus.

    Pour l'employeur, respecter et bien gérer ce droit n'est pas seulement une obligation légale — c'est aussi un investissement dans la relation de confiance avec ses équipes, dont les effets sur la fidélisation et la motivation sont bien documentés.

    Pour le travailleur, connaître ses droits est le premier pas pour les faire valoir. Le plafond de 15 jours ouvrables rémunérés par an, la règle du non-fractionnement, l'interdiction de déduire ces jours du congé annuel : autant de protections dont il peut se prévaloir en cas de litige devant l'inspection du travail ou le tribunal compétent.

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    Références légales

  • Loi n°015/2002 du 16 octobre 2002 portant Code du Travail — spécialement Art. 143 à 151 (congés) et Art. 146 (congés de circonstances)

  • Loi n°016/010 du 15 juillet 2016 modifiant et complétant le Code du Travail — modifications de l'Art. 146

  • Convention collective interprofessionnelle nationale du travail du 20 janvier 2006 — dispositions relatives aux congés de circonstances

  • Art. 61 ter du Code du Travail (introduit par Loi 016/010) — acte équipollent à la rupture

  • Art. 72 du Code du Travail — faute lourde (fraude aux justificatifs)

  • Convention n°132 de l'OIT sur les congés payés (ratifiée par la RDC) — principes directeurs sur la non-imputation des absences légitimes sur le congé annuel
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